Syndicat Mixte du Bassin de la Bonnée

Le lien entre histoire et état actuel de la Bonnée

La Bonnée et ses affluents ont subis de nombreuses interventions dans les années 1960 - 1970 dans le but d'éliminer le risque d'inondations et d'assainir les parcelles agricoles. Cet objectif a été atteint sans toujours prendre en compte la dimension environnementale. Désormais la réglementation impose des objectifs pour retrouver un bon état écologique des milieux aquatiques.

Des enjeux nouveaux imposés par la loi sur l'eau

Face à la dégradation des milieux aquatiques sur l’ensemble du territoire européen, l’Union Européenne a pris la mesure des enjeux que l’eau engendre et a promulgué la Directive Cadre sur l’Eau (DCE) en l’an 2000. Cette directive européenne a été reprise en droit français par la Loi sur l’Eau de 2006 et fixe l’objectif du Bon Etat Ecologique des Masses d’Eau à l’horizon 2015, 2025, 2027. Les dates variant en fonction de l’état initial de la masse d’eau, la Bonnée et ses affluents doivent atteindre cet objectif en 2027, en raison de son mauvais état écologique.

 

 Un territoire comme celui-ci est fortement marqué par l’agriculture, c’est elle qui a permis aux habitants de vivre depuis des siècles et qui a fait se développer la région. Le syndicat prend en compte cet aspect historique, patrimonial, social et professionnel, son objectif actuel est de concilier les enjeux agricoles et environnementaux. 

 

Le syndicat a signé un plusieurs contrat de restauration et d’entretien de la Bonnée et de ses affluents avec l’Agence de l’Eau Loire Bretagne:

  • un contrat restauration entretien (CRE) de 2008 à 2012
  • un contrat territorial milieux aquatiques (CTMA) de 2013-2017

 

Ces contrats sont en fait des programmes d'actions établis pour 5 ans. Ces contrats sont subventionnés par l'Agence de l'Eau Loire Bretagne, la Région Centre-Val de Loire et le département du Loiret. Chacun fait l'objet avant son lancement d'une déclaration d’intérêts général et d'une enquête publique.

 

Les contrats engagés ont déjà permis de redonner à la Bonnée et ses affluents un aspect et une fonctionnalité hydraulique plus proche d’une rivière grâce aux travaux de restauration de la ripisylve (végéation des berges), l'effacement des barrages (vannes) et les travaux de renaturation du lit (installation de banquettes).

 

Les grandes questions auxquelles nous devons répondre maintenant sont celles de la continuité écologique et le bon état global. La continuité écologique est en réalité la somme de la continuité piscicole et de la continuité sédimentaire. Les populations piscicoles doivent pouvoir se déplacer librement de leur lieu de reproduction vers leur lieu d’alimentation et de repos. Les sédiments doivent pouvoir circuler librement tout le long du linéaire : s’arracher et se déposer au gré des besoins du cours d’eau et ainsi ne pas provoquer de phénomènes d’envasement et d’érosion. Le bon état global est en réalité le cumul des bon état physico-chimique et écologique.

 

Pour répondre à ces enjeux, le SMBB réalise désormais le bilan des actions menés du CTMA 2013-2017 et prépare un nouveau contrat à partir de 2020.

Travaux menés, quels objectifs?

Le SMBB a travaillé sur 3 axes de travail :

 

  • La restauration de végétation des berges (ripisylve)
  • la restauration hydromorphologique
  • la restauration de la continuité écologique

La restauration de la ripisylve

Depuis 2008, le SMBB a laissé la strate arbustive et arborée se développer sur certains secteurs à nu. Ensuite des interventions d'entretien ont permis de sélectionner, élager la végétation afin de retrouver une végétation équilibrée et adaptée sur les berges.

 

L'objectif est de :

  • fixer les berges par le racinaire des arbres et ainsi freiner l'érosion
  • Amener de l'ombre par alternance au dessus du cours d'eau
  • permettre une épuration naturelle de l'eau par la végétation

La Nouvelle Bonnée

Au lieu dit La prieuré en 2017

La Nouvelle Bonnée

Au lieu dit La prieuré en 2007

La restauration hydromorphologique

En 2016 et 2017, des banquettes minérales en pierres calcaires ont été installées dans la Nouvelle Bonnée et sur un petit secteur de la Bonnée. Elles sont installées en alternance sur 20 à 40 cm d'épaisseur et occupe la moitié à un tiers du lit.

 

L'objectif est de redynamiser les écoulements en périodes de basses eaux. En effet avec le gabarit actuel, la rivière n'a pas de dynamique et son fonctionnement est plus proche de celui d'un canal.

 

Le résultat :

  • le fond du lit est désenvasé, les sédiments fins ne s'accumulent plus au fond du lit sur tout le linéaire
  • l'eau est mieux oxygénée
  • la diversité des écoulements permet le retour d'une faune et flore plus riche

La Nouvelle Bonnée

Au pont route de Germigny/St Martin d'Abbat 2017

La Nouvelle Bonnée

Au pont route de Germigny/St Martin d'Abbat 2005

La continuité écologique

Dès 2013, le SMBB a fait le choix de supprimer les anciens barrages (vannes) au fil de la Bonnée. Neuf barrages ont ainsi été démantelés.

 

L'objectif est de:

  • libérer l'écoulement de l'eau, plus d'obstacles lors des crues
  • faire circuler les sédiments fins (sable, vase, terre érodée, etc.) afin de limiter l'envasement et de redonner à la rivière son fonctionnement et sa dynamique naturelle.
  • permettre la circulation des poissons toute l'année, afin qu'il accomplissent leur cycle de vie en ayant la possibilité de remonter et descendre le cours d'eau.

La Bonnée

La Grange Rouge 2018

La Bonnée

La Grange Rouge 2010